05/09/2013

BONJOUR...1/2% DE HAUSSE à 10H

EXTRAIT DE MONFINANCIER..

Interview de David Ganozzi, gérant de Fidelity Patrimoine

Un an un gérant 04/09/2013 à 08h39
Entretien avec David Ganozzi, gérant de Fidelity Patrimoine
MonFinancier.com : Peut-on revenir l’ambiance de cet été sur les marchés?

David Ganozzi : Pendant l'été, il y a eu un beau rebond des marchés actions tandis les marchés de taux sont restés étales. Sur les dernières semaines, il y a eu une dégradation des marchés de taux notamment sur les taux américains. Ils sont montés à 2,90% sur le 10 ans alors qu'on vient de 1,5%... La dégradation se poursuit toujours sur l'obligataire avec en toile de fond, le resserrement de la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine. A côté de cela, les marchés actions ont plutôt bien rebondi par rapport au point bas touché en juin, Derrière ces deux phénomènes, les données macroéconomiques sont en amélioration aux Etats-Unis, avec une croissance et une activité manufacturière solide. On observe également une amélioration du côté de la zone euro. C'est tout nouveau.... Toutes ces nouvelles ont milité pour un rebond des marchés actions, puisqu'elles rassurent sur les perspectives de profits. La seule inconnue qui persiste est donc le cap que va prendre la FED concernant sa politique monétaire.


MonFinancier.com : La FED va donc être le sujet chaud de la rentrée... Y aura-t-il un nouveau mouvement de panique chez les opérateurs si la FED durcit effectivement sa politique monétaire ?

DG : Tous les chiffres macroéconomiques publiés aux Etats-Unis ces derniers temps vont dans le sens d'une politique monétaire beaucoup moins accommodante. La reprise est suffisamment solide pour que la FED resserre le robinet.

MonFinancier.com : Doit-on s'inquiéter d'une remontée des taux américains ?

DG : Sur la partie taux courts, on est encore loin du niveau auquel la Réserve Fédérale peut remonter ses taux. Si une éclaircie dans le ciel économique est confirmée, les taux vont remonter. Ce sera l'étape d'après. Alors qu'actuellement, nous sommes à l'étape « réduire le quantitative easing ». La hausse des taux aux Etats-Unis concerne principalement la partie longue des taux. Nous ne sommes pas encore dans une phase où la FED va annoncer une remontée proche des taux courts. Les attentes sur moins d'intervention sur les rachats d'actifs ont provoqué un redressement des taux longs. En l'espace de 4/5 mois, ils ont augmenté de 150 points de base. Ce mouvement est violent mais est-il inquiétant pour autant ? Sur l'activité, cette remontée des taux ne semble pas avoir d'impact négatif majeur, notamment sur l'immobilier. Dans l'absolu, les niveaux sont encore relativement bas, pour le moment l'impact sur l'économie réelle est faible. Mais du point de vue financier, une remontée des taux notamment longs a un impact sur les actifs financiers. Elle diminue en effet les valeurs présentes de tous les actifs financiers. D'où la correction sur les marchés actions. Si on fait le bilan depuis le début de l'année, globalement les dégâts ont été limités sur les marchés actions. Au final, ces derniers ont progressé d'au moins 10%.

MonFinancier.com : S'il y a remontée des taux, quel sera l'élément déclencheur ?

DG : Pour qu'il y ait une poursuite d'une dégradation très forte sur l'obligataire, il faudrait que le niveau de l'inflation soit problématique. Historiquement, l'élément déclencheur d'un « krach obligataire », c'est une anticipation des craintes des marchés sur les perspectives d'inflation. Or, aujourd'hui, nous ne sommes pas dans un environnement inflationniste. Nous ne croyons pas un scénario de « krach obligataire » car nous sommes dans un mouvement de normalisation des taux. On venait de taux historiquement et anormalement bas suite à une crise sans précédent. Mais, la normalisation n'est pas encore terminée... Mais la question qui va se poser est : à quel rythme ce mouvement va-t-il se faire ? Sur les derniers mois, cette remontée des taux s'est plutôt faite violemment...

MonFinancier.com : Globalement dans les pays matures, y voyez-vous une éclaircie quant à leur situation économique ? Les derniers indices de conjoncture sont ressortis meilleurs que prévu en zone euro et aux Etats-Unis….

DG : Oui. On constate une embellie dans la zone euro qui était jusqu'à présent une zone « problématique » dans les pays matures. L’amélioration se précise voire s'accélère. [Ce sujet fera l'objet du « thème du mois » à paraître la semaine prochaine, NDLR]. Aux Etats-Unis, la croissance délivrée est tout à fait honorable.

MonFinancier.com : Le ralentissement des économies des pays émergents est-il préoccupant ?

DG : Ce n'est pas tant le ralentissement de la croissance qui est problématique pour les pays émergents mais plus leur sensibilité au sentiment des investisseurs des pays développés. Ce sont des marchés relativement étroits, qui sont très sensibles aux flux internationaux. Et comme on a ce retournement de la politique monétaire américaine, c'est un moment un peu délicat Il y a cette perception que les marchés émergents ont bénéficié d'un flux massif lié à la politique très expansionniste des Etats-Unis. Pour ces pays, ce retournement de la politique monétaire américaine leur est actuellement préjudiciable. Mais, on constate malgré tout un excès de pessimisme sur ces pays.

MonFinancier.com : Quelles sont les classes d'actifs qui devraient profiter de ce retour de l’appétence au risque ?

DG : En toute logique ce sont les marchés actions qui vont profiter de cette embellie. Qui dit embellie sur le front macroéconomique, dit actifs plutôt risqués. On pense aussi au marché de taux, notamment le « high yield » [obligation à haut rendement, NDLR] , qui devrait mieux se comporter et aux matières premières.

10:13 Écrit par swingteam-cc | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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