10/04/2013

ANALYSE GLOBALE DE ING

de THIERRY MASSET , ING.

Rédaction achevée le 1er avril 2013
Cher investisseur,

En dépit de l’incertitude fiscale, les actions US font de la résistance. L’indice S&P 500 titille ses sommets historiques de 2000 et 2007, au point que les investisseurs s’interrogent pour savoir quelle sera la suite des événements. Faut-il miser sur la poursuite du rallye boursier ou se préparer à un nouveau marché baissier ? Si l’on compare la situation prévalant actuellement à celle observée lors des sommets de 2000 et 2007, il semble que l’hypothèse d’un crash à court terme puisse être écartée. Toutefois, une consolidation ou une correction temporaire et limitée reste possible

Première distinction entre les plus hauts de 2013 et ceux observés il y a 13 et 6 ans, ces derniers ont été obtenus sur fond de politique monétaire américaine restrictive alors qu’aujourd’hui la banque centrale US est ultra-accommodante. L’indice S&P 500 est désormais installé au-dessus des 1.550 points avec des taux directeurs virtuellement nuls. En 2000 et 2007, le seuil des 1.550 points avait été atteint alors que le loyer de l’argent était respectivement de 6,25% et 5,25%.

Deuxième différence à prendre en compte : les perspectives de croissance demeurent relativement modestes surtout en comparaison avec la situation qui prévalait à l’époque. On se souviendra, en particulier, qu’en 2007 la croissance globale avait atteint son rythme sur trois ans le plus élevé depuis les années 70, avec, à la clef, des pressions inflationnistes suffisantes pour faire dérailler l’économie.

De surcroît, les valorisations actuelles ne sont pas aussi inquiétantes que lors des deux rallyes précédents : le ratio cours/bénéfices ajusté en fonction de l’état du cycle économique pointe à 22,8. En 2000, ce ratio avait culminé à 44,2, juste avant que n’éclate la bulle des valeurs de la technologie, des médias et des télécoms (« TMT »). Même si, en 2007, ledit ratio était nettement moindre (27), l’impact de l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des obligations adossées à des prêts hypothécaires à risque (« subprimes ») avait engendré la plus forte contraction bénéficiaire depuis la Grande Dépression des années 30.

Enfin, la bulle qui inquiète pour le moment les investisseurs n’est pas tant celle des actifs à risque mais plutôt celle des « valeurs refuge » comme les emprunts d’Etat US (« Treasuries ») et allemands (« Bunds »). Pour notre part, nous n’anticipons pas de ventes massives pour ce type d’obligations, mais plutôt, compte tenu de la vigueur de la demande et de la contraction de l’offre, une transition graduelle, au cours des prochaines années, vers des rendements obligataires plus élevés.

Autrement dit, les risques d’assister prochainement à un crash boursier nous paraissent, à l’heure actuelle, nettement plus faibles qu’en 2000 et 2007 en raison de la conjonction de plusieurs facteurs : une croissance US faible mais stable, une politique monétaire expansionniste, des pressions inflationnistes limitées et des valorisations proches de leur moyenne à long terme.

Néanmoins, une consolidation ou une correction temporaire reste possible : depuis mars 2009, les corrections boursières sont devenues moins sévères mais aussi plus fréquentes. Le comportement des investisseurs étant désormais mois influencé par l’aversion au risque, les incertitudes récurrentes en provenance de Chine, d’Europe ou des Etats-Unis n’ont plus le même impact que l’année passée : leur effet déstabilisant sur les marchés financiers a tendance à durer moins longtemps.

Tout cela explique que nous adoptons, pour le moment, un positionnement neutre à l’égard des actions, obligations et autres matières premières. En l’absence de puissants moteurs à l’échelle mondiale, nous sommes d’avis que la performance relative des portefeuilles découlera essentiellement de la manière d’appréhender les risques régionaux et interrégionaux, et de profiter des fondamentaux propres à chaque actif financier (raison pour laquelle nous surpondérons, notamment, les actions « value », les petites capitalisations, …).           


Thierry Masset, Chief Investment Officer ING Belgium

12:09 Écrit par swingteam-cc | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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