15/05/2012

H VANROMPUY....le "sage"...bien dit.

Herman Van Rompuy recadre François Hollande et Elio Di Rupo

mardi 15 mai 2012 à 11h17

Lors d’une conférence, Herman Van Rompuy a indiqué que l’Europe n’échapperait pas à l’austérité, prenant le contre-pied de récentes déclarations d’Elio Di Rupo et de François Hollande. Le président du Conseil européen a aussi exclu la négociation d’un nouveau traité budgétaire, comme le demandent les socialistes.

© Frédéric Pauwels - Huma

 

De sa scolarité chez les jésuites, il a retenu l’art de marier les contraires. De ses trente ans de carrière dans les arcanes de la politique belge, il a acquis la science du compromis. De son arrivée à la présidence du Conseil européen, en 2010, il a appris la nécessité d’avancer pas à pas. Il en a même forgé une doctrine : le « gradualisme ». Invité pour une conférence au Cercle de Wallonie, à Seraing, Herman Van Rompuy s’est livré le lundi 14 mai à une véritable leçon de modération. De la pure rhétorique démocrate-chrétienne, comme il l’a lui-même relevé. Sur fond de crise grecque et d’inquiétude quant à l’avenir de la zone euro.

Herman Van Rompuy a d’abord exprimé sa compassion pour les peuples européens malmenés par une crise dont ils ne sont pas responsables. « Je réalise très bien que c’est injuste pour les populations qui ont eu la malchance d’être mal gérées. Elles n’y peuvent rien. » Pour l’ancien Premier ministre belge, injustice ou pas, les citoyens n’échapperont toutefois pas à des réformes douloureuses. « Les mesures d’assainissement – ou d’austérité, chacun son vocabulaire – doivent être prises. Il n’y a rien à faire ! Rien ! Dans ce genre de circonstances, les degrés de liberté, les marges de manœuvre sont extrêmement faibles. »

A propos de la relance, une option défendue avec de plus en plus d’insistance par la gauche européenne, il a averti : « On ne va pas retrouver la croissance par une politique de relance via l’augmentation des dépenses publiques. Je ne sais pas s’il y a encore quelques téméraires qui y songent, mais ce n’est pas en augmentant les déficits qu’on résout un problème de la dette souveraine. »

« Contrairement à ce que croient certains, on n’a pas attendu le 6 mai à 20 heures (NDLR : moment de l’élection du socialiste François Hollande à la présidence de la France) pour découvrir la politique de croissance et d’emploi », a encore ironisé Herman Van Rompuy, rappelant que son premier conseil européen en tant que président avait pour thème « booster l’économie ».

Devant un parterre de décideurs wallons, comprenant quelques personnalités politiques (le bourgmestre de Liège Willy Demeyer, la ministre Marie-Dominique Simonet, la députée européenne Anne Delvaux), Herman Van Rompuy a précisé sa vision pour une sortie de crise. « Il faudra marier les deux volets : la croissance et l’austérité. C’est un vieux démocrate-chrétien qui vous le dit, on ne choisit jamais. Il faut les deux ! »

Sur ce chapitre de la croissance, le président du Conseil européen et de la zone euro a tenu à mettre en garde les socialistes, à commencer par François Hollande. « Dire que la politique d’austérité est difficile et que la politique de croissance est facile, c’est pure illusion ! Même la politique de croissance exige des choix durs et impopulaires. »

Aller plus loin dans la libéralisation des services.

Parmi les multiples réformes qu’exigera une politique de croissance, Herman Van Rompuy a pointé l’extension et l’assouplissement du marché unique européen. « On peut aller beaucoup plus loin qu’aujourd’hui, certainement dans le secteur des services. Mais là, quand je vous dis Bolkestein, il y a tout un monde qui s’ouvre… Pourtant, pas à pas, il faudra progresser dans la libéralisation du grand marché unique, 500 millions d’habitants. »


Celui qui fut dans les années 1980 président du puissant CVP, le parti chrétien-démocrate flamand, a épinglé une autre réforme à ses yeux indispensable pour retrouver la croissance : l’allongement des carrières. « La plupart des pays européens l’ont fait. Même en Espagne, dans un pays dirigé par un gouvernement social-démocrate et avec 20 % de chômage, on a repoussé l’âge du départ à la retraite. On peut d’ailleurs se demander si c’était le bon moment, mais les Espagnols l’ont fait. »

Herman Van Rompuy a par ailleurs exclu une renégociation des traités européens, une exigence de François Hollande, relayée par plusieurs socialistes belges (notamment l’eurodéputé Marc Tarabella, qui a confirmé sa position au Vif/L’Express). « Je me réfère à l’expérience du Traité de Lisbonne qui, après sept années de travaux, n’a abouti qu’à un seul avantage, avoir créé mon job. On pourra toujours demander à mon successeur de s’occuper de cette renégociation. Mais moi, je ne commence pas… On pourra bien sûr rédiger un nouveau traité à un stade ultérieur. Aujourd’hui, ce n’est pas la priorité. On emploie toutes les dispositions pour aller de l’avant sans changer les traités existant. »

De façon sibylline, Herman Van Rompuy a aussi commenté une interview au Monde du Premier ministre belge Elio Di Rupo, selon qui « la zone euro doit s’en sortir par le haut ». « Certains soutiennent qu’il faut sortir de la crise par le haut, mais ce qu’on nous demande maintenant, c’est autre chose : retrouver une confiance, une stabilité. C’est une œuvre de survie. Réfléchir à plus long terme à un approfondissement du projet européen est certainement indiqué, mais ce n’est pas ma première préoccupation aujourd’hui. »

L’ex-ministre du Budget du gouvernement Dehaene a décoché une ultime flèche à l’égard des socialistes, en observant ce qui tient selon lui du « paradoxe ». « Ceux qui demandent une Europe sociale sont les mêmes qui disent : surtout, ne touchez pas à nos systèmes de protection sociale ! »

et aux Etats Unis....(???)

 

Les Etats-Unis saluent le "nouveau débat sur la croissance en Europe" :

 

Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner, le 4 mai 2012 à Pékin

Les Etats-Unis ont salué mardi le "nouveau débat sur la croissance en Europe" à l'heure où le président français fraîchement investi, François Hollande, dit vouloir proposer à ses partenaires européens de stimuler davantage l'activité économique.

"Nous devrions accueillir favorablement ce nouveau débat sur la croissance en Europe", a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, lors d'une conférence publique à Washington.

Les Européens "sont mieux outillés" qu'il y a quelque temps "pour gérer la crise", a noté M. Geithner, en faisant référence aux différents pare-feux financiers que ceux-ci ont mis en place pour circonscrire la crise de la dette.

"On les voit parler d'améliorer l'équilibre entre la croissance et l'austérité, ce qui signifie l'ouverture d'une voie un peu plus douce et graduelle pour revenir à des finances publiques viables", a ajouté le ministre des Finances, pour qui une réduction trop rapide des dépenses publiques porte en elle le risque d'entraîner une "spirale négative pour la croissance".

"Ces aspects du débat (...) sont bienvenus et encourageants, mais la route est encore longue" pour les Européens, a encore dit M. Geithner. Ceux-ci "doivent s'assurer qu'ils peuvent convaincre le monde de leur capacité à maîtriser ces défis" afin de "diminuer les risques qui pèsent sur les économies du reste du monde et des Etats-Unis", a-t-il souligné.

"Nous pensons qu'ils ont la capacité de le faire", a insisté le secrétaire au Trésor alors que le blocage politique en Grèce, où l'on s'achemine vers de nouvelles élections, inquiète sérieusement l'Amérique.

Les craintes entourant ce pays ont fait chuter Wall Street lundi à son niveau le plus faible depuis fin janvier, et la Bourse de New York était en baisse mardi à la mi-journée.

La banque centrale américaine (Fed), qui table sur un redressement à venir de la croissance aux Etats-Unis après le ralentissement du premier trimestre, a d'ores et déjà prévenu que la situation en Europe était l'une des variables principales susceptibles de faire mentir ce pronostic.

Interrogé sur l'éventualité que la Grèce sorte de la zone euro, M. Geithner a estimé que "l'Europe dans son ensemble (avait) tout intérêt à faire tout ce qu'il faut pour que l'union monétaire fonctionne".

Lundi, le président de l'eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait assuré que les pays de l'Union économique et monétaire avaient "l'intention inébranlable de conserver la Grèce" au sein de cet ensemble.

M. Hollande, qui a pris ses fonctions à la tête de la République française mardi, devait rencontrer dans la soirée à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel, dont il a critiqué la politique d'austérité face à la crise dans la zone euro.

Dans son discours d'investiture, M. Hollande a déclaré vouloir "ouvrir une voie nouvelle en Europe". "A nos partenaires, je proposerai un nouveau pacte qui alliera la réduction nécessaire des dettes publiques avec l'indispensable stimulation de l'économie", a-t-il dit.

Au moment où l'Amérique doit elle aussi s'efforcer de ramener ses finances publiques sur une trajectoire viable, il y a une certaine analogie entre les deux rives de l'Atlantique.

Aux Etats-Unis, le débat sur la meilleure façon de conjuguer austérité et croissance est également compliqué. L'opposition républicaine qui dispose d'un pouvoir de blocage au Congrès ne veut entendre parler que de baisses des dépenses, quand M. Geithner plaide pour une méthode plus douce qui "ne sape pas la reprise".

 

Copyright © 2012 AFP

18:15 Écrit par swingteam-cc | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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