10/02/2012

LA GRECE..ENCORE ET ENCORE..8H31

La BCE ouvre la porte à une aide indirecte à la Grèce

 

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) a ouvert jeudi la porte à une aide indirecte à la Grèce, après l'acceptation par les partis politiques grecs des mesures d'austérité, préalable obligé au déblocage d'un deuxième plan d'aide.

La Grèce, qui a besoin de ce plan pour éviter un défaut désordonné, a demandé à la BCE de restituer ses profits sur ses avoirs obligataires grecs, ce qui pourrait représenter au moins 12 milliards de dollars.

Le plan d'austérité avalisé par la classe politique grecque, combiné à une importante décote que devraient consentir les créanciers privés d'Athènes sur leurs obligations grecques et à un éventuel coup de main de la BCE, doit permettre de ramener l'endettement de la Grèce à un ratio représentant 120% du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2020, contre 160% aujourd'hui.

Mario Draghi a déclaré qu'un accord entre la Grèce et les créanciers privés sur un échange de dette était proche.

Ceci étant dit, les bailleurs de fonds pensent que le deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros pour la Grèce, dont les grandes lignes ont été définies en octobre, n'est plus suffisant pour remettre le pays sur les rails.

Lors d'une la conférence de presse qui a suivi la décision de la BCE de laisser son taux directeur inchangé à son plus bas historique de 1%, Mario Draghi est longtemps resté muet sur ce que pourrait l'institut d'émission pour Athènes avant de dire à la toute fin que la BCE pourrait distribuer aux Etats les bénéfices tirés des avoirs obligataires grecs.

Les Etats de la zone euro pourraient aller transférer cet argent à la Grèce et la BCE n'enfreindrait pas l'interdiction de financer les pays.

"Le FESF c'est l'Etat. Donc si la BCE donne de l'argent à l'Etat, c'est du financement monétaire. Si la BCE distribue une partie de ses bénéfices à ses Etats membres suivant une clé de répartition, ce n'est pas du financement monétaire", a dit Mario Draghi.

Cette clé de répartition mesure la participation des pays membres aux financements de la BCE en fonction de leur population et de leur taille économique. Les pays pourraient décider ou pas de transférer à la Grèce les profits reçus de la BCE.

RIEN SUR UNE PROCHAINE BAISSE DES TAUX

La BCE a consacré quelque 38 milliards d'euros à l'achat de titres obligataires grecs, qui ont une valeur faciale de 50 milliards d'euros, et l'institution a également perçu des intérêts sur certains de ses titres.

"S'agissant de la Grèce, la BCE semble disposée à mettre son bénéfice potentiel tiré de ses avoirs grecs à la disposition de ses actionnaires", a noté Christian Schulz, économiste chez Berenberg Bank.

A la suite de l'accord conclu en Grèce, l'euro est monté à un plus haut de deux mois face au dollar, à plus de 1,33 pour un euro.

La monnaie unique est ensuite repassée sous cette barre après que le ministre néerlandais des Finances Jan Kees De Jager a déclaré qu'aucun accord définitif sur le second plan de renflouement de la Grèce ne serait conclu ce jeudi lors de la réunion de l'Eurogroupe.

De son côté, un porte-parole du Fonds monétaire international a déclaré que le FMI et les autorités grecques poursuivaient leurs discussions sur les modalités d'un plan de renflouement à la suite de l'accord intervenu entre les partis politiques du pays.

Hormis le cas grec, Mario Draghi, qui assistera à la réunion de l'Eurogroupe, a fait état de signes provisoires de stabilisation de l'économie.

Mais le président de la BCE s'est voulu prudent, ce qui n'exclut pas une éventuelle baisse du taux de refinancement sous son plus bas record de 1,0%.

"Les indicateurs disponibles confirment quelques signes provisoires de stabilisation de l'activité économique à un niveau bas au tournant de l'année. Mais les perspectives économiques restent sujettes à un degré élevé d'incertitudes et des risques baissiers", a-t-il dit.

Une enquête réalisée par Reuters auprès de 57 économistes montre que la BCE maintiendra ses taux d'intérêt en mars et pourrait bien les laisser inchangés pour le restant de l'année.

La BCE a injecté 489 milliards d'euros dans le système bancaire lors de l'opération de refinancement à trois ans (LTRO) de décembre et Draghi a estimé qu'un montant équivalent pourrait être servi lors de celle de la fin du mois. La BCE a parallèlement annoncé un nouvel assouplissement de ses règles de collatéral.

Au sujet de l'évolution future des taux d'intérêt, Mario Draghi a déclaré "franchement, nous n'avons pas discuté de modification présente ou à venir des taux d'intérêt".

Marc Joanny et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

© 2012 Reuters -

La zone euro laisse une dernière chance à la Grèce

Source : Reuters

10/02/2012 à 07:35 / Mis à jour le 10/02/2012 à 07:4

 

La zone euro a laissé jeudi soir une dernière chance à la Grèce de recevoir un second plan d'aide et d'éviter le défaut sur sa dette en mars, mais le Parlement grec jouera à quitte ou double au cours du week-end l'appartenance du pays à l'euro.

Les créanciers publics du pays - Commission, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - ont exigé des principales forces politiques grecques un vote sur le nouveau programme d'action d'ici à une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro mercredi prochain à Bruxelles.

Le ministre grec des Finances, Evangelos Vénizélos, a déclaré à Bruxelles que le peuple grec avait maintenant quelques jours pour faire un choix crucial sur son avenir.

"Si nous voyons notre futur au sein de la zone euro, au sein de l'Europe, nous devons faire ce qui est nécessaire pour que le programme soit approuvé et pour que l'accord de participation du secteur privé (à la restructuration de la dette) soit conclu avant les grosses échéances obligataires de mars", a-t-il dit.

De son côté, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a listé trois conditions à une nouvelle aide à la Grèce : vote du paquet au parlement, 325 millions de nouvelles économies d'ici mercredi prochain et un engagement politique fort des partis grecs à mettre le plan en oeuvre.

Mais le Premier ministre luxembourgeois s'est montré absolument certain que le parlement grec adopterait le plan.

"La réponse est assez simple, il ne va pas le rejeter. Le parlement grec ne va pas rejeter le paquet (de mesures)", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Au delà de ce vote initial, les députés seront ensuite appelés à se prononcer d'ici début mars sur une série de mesures concrètes, comme une baisse du salaire minimum, une réforme du marché du travail, de nouvelles coupes budgétaires ou une vaste recapitalisation du secteur bancaire grec.

Les premiers déboursements de fonds dans le cadre du second plan d'aide n'interviendront que début mars, si et seulement si cet échéancier précis est tenu.

"En court, pas de déboursements sans mise en oeuvre", a dit Jean-Claude Juncker.

NOMBREUX DÉTAILS

L'euro s'est inscrit en hausse jeudi après l'annonce d'un accord technique entre les principales forces politiques grecques et la troïka Commission-BCE-FMI, qui éloigne au moins pour un temps le spectre d'un défaut désordonné de la Grèce sur sa dette souveraine.

Les trois partis de la coalition au pouvoir à Athènes s'étaient entendus en début d'après-midi sur les réformes structurelles et un plan d'économie de plus de trois milliards d'euros réclamés en échange du versement du deuxième plan d'aide.

Mais d'importants détails doivent encore être finalisés qui portent sur la participation des créanciers privés à la restructuration de la dette grecque, le montant des financements publics fournis par les 16 autres pays de la zone monétaire unique et le coup de pouce qui pourrait être donné par la BCE.

Les banques et autres créanciers privés de la Grèce se sont entendus avec Athènes sur la base d'une décote de 70% de leurs actifs dans le cadre d'un échange des obligations grecques qu'ils détiennent contre de nouveaux titres mais certains points sont encore en suspens en l'attente d'un accord global.

Les pays de la zone euro doivent quant à eux confirmer leur volonté d'apporter 130 milliards d'euros de prêts publics et la BCE préciser de quelle manière elle est prête à participer à cet accord.

Le président de l'institut de Francfort, Mario Draghi, a ouvert la porte jeudi à ce que les bénéfices tirés des avoirs obligataires grecs soient redistribués aux Etats via les banques centrales nationales.

De son côté, le FMI veut s'assurer avant de prêter de nouveaux fonds à Athènes que la dette grecque sera à nouveau tenable à terme, alors que l'objectif de parvenir à un niveau de dette de 120% en 2020 n'est pas tout à fait certain.

Par ailleurs, plusieurs pays, dont l'Allemagne, la Finlande ou les Pays-Bas devront consulter leurs parlements avant de signer définitivement l'accord.

Grèce : la zone euro pose un ultimatum avant toute nouvelle aide financière

 

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker et le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos le 9 février 2012 à Bruxelles

La zone euro a décidé jeudi de reporter son feu vert à une nouvelle aide cruciale à la Grèce en lui donnant moins d'une semaine pour remplir plusieurs conditions, dont de nouvelles économies budgétaires à trouver, a annoncé le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

"En dépit des progrès importants réalisés ces derniers jours, nous n'avons pas eu tous les éléments nécessaires sur la table pour prendre des décisions" dans l'immédiat, a dit M. Juncker à l'issue d'une réunion de ce forum des ministres des Finances de l'Union monétaire à Bruxelles.

Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de l'Union monétaire, est prévue mercredi prochain pour approuver l'aide à la Grèce, sous réserve que les conditions posées soient remplies.

M. Juncker en a fixé trois. En premier lieu, le parlement grec va devoir d'abord approuver dimanche le plan de rigueur sur lequel les partis politiques grecs et les représentants des créanciers publics de la Grèce, réunis au sein de la "troïka" (UE-BCE-FMI), se sont mis d'accord sur le principe dans la journée.

En outre, "des économies supplémentaires à hauteur de 325 millions d'euros" vont devoir être trouvées par le gouvernement grec dans le budget 2012 du pays, et ce "d'ici mercredi", a dit M. Juncker.

Principaux indicateurs et situation de la dette de la Grèce selon les prévisions de la Commission européenne

Enfin, la zone euro exige que les partis de la coalition au pouvoir à Athènes apportent de "fortes garanties politiques" sur leur soutien au plan de rigueur, a-t-il précisé. "Nous voulons des engagements réels" sur les réformes qui sont menées, a souligné M. Juncker, alors que la patience des pays de la zone euro est à bout.

Ils accusent le gouvernement grec de ne pas remplir toutes les promesses d'économies budgétaires et de réformes promises en échange des prêts internationaux. Le président de l'Eurogroupe a reconnu qu'il y avait eu "des échanges vifs" lors de la réunion des ministres de la zone euro de jeudi, sans donner plus de détails.

Le report survient alors que dans la journée les partis grecs de la coalition au pouvoir avaient pourtant trouvé in extremis un accord sur un nouveau plan de rigueur exigé par les créanciers étrangers du pays (FMI et Européens).

La Grèce négocie depuis des semaines sur deux plans en parallèle. Elle espère un nouveau programme de prêts européens de 130 milliards d'euros et cherche à obtenir de ses banques créancières une réduction de sa dette à hauteur de 100 milliards d'euros. Ce plan de soutien est essentiel si la Grèce veut espérer éviter un défaut de paiement le 20 mars, date à laquelle pays doit rembourser des emprunts en cours très importants.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a indiqué que "le temps commence à manquer" pour parvenir à un accord global mais que "nous sommes encore dans les temps".

Les ministres finlandais Jutta Urpilainen et belge Steven Vanackere des Finances et le commissaire européen auxAffaires économiques, Olli Rehn, en discussion le 9 février 2012 à Bruxelles

Il a aussi indiqué que la proposition franco-allemande de créer, dans le cadre du nouveau programme d'aide, un compte bloqué spécial pour s'assurer du remboursement de la dette grecque, était sérieusement envisagée. L'idée est "étudiée par la Commission" qui la considère comme "une possibilité envisageable", ainsi que par les experts de la zone euro, a-t-il dit.

M. Rehn a aussi annoncé la présentation la semaine prochaine de "propositions détaillées" pour renforcer les "mécanismes de surveillance" européens en Grèce des réformes promises, au risque de renforcer le mécontentement de l'opinion dans le pays face à ce qui est perçu par beaucoup comme une tutelle extérieure.

 

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08:32 Écrit par swingteam-cc | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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