06/12/2011

AGENCE DE NOTATION...ça continue!!

 
Source : Reuters
06/12/2011 à 00:03 / Mis à jour le 06/12/2011 à 08:46

PARIS (Reuters) - La note "AAA" de la France est désormais directement menacée par Standard & Poor's qui l'a placée lundi sous surveillance avec implication négative, en même temps que les notes de 14 autres pays de la zone euro.

 

L'agence de notation met une pression particulière sur la France en précisant qu'elle pourrait être dégradée de deux crans contre un seulement pour les cinq autres pays AAA de la zone euro.

 

S&P précise que sa décision concernant la France a été motivée par ses craintes quant à l'impact de l'aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires au sein de la zone euro.

 

Le ministre français des Finances, François Baroin, a répété après l'annonce de S&P qu'il n'y aurait pas de troisième plan de rigueur en France.

 

"Nous avons de la marge pour un éventuel ralentissement économique donc nous n'avons pas besoin d'un troisième plan de rigueur", a-t-il dit sur France 3.

 

"Tout est fait pour protéger les Français, les économies des Français", a-t-il ajouté. "Tout est fait pour permettre aux banques de maintenir l'irrigation de l'activité économique."

 

S&P estime dans son communiqué que "les inquiétudes concernant la liquidité et la détérioration de la qualité des actifs des banques françaises pourraient augmenter la possibilité d'un besoin d'injection de capitaux supplémentaires par l'Etat".

 

Une remarque à laquelle François Baroin a répondu : "Il n'y aura pas besoin de participation publique à l'augmentation du capital des banques."

 

MOODY'S POURRAIT AGIR À SON TOUR

 

La présidence française et la chancellerie allemande ont quant à elles déclaré qu'elles prendraient toutes les décisions nécessaires pour assurer la stabilité de la zone euro.

 

"La France et l'Allemagne réaffirment que les propositions formulées aujourd'hui conjointement permettront de renforcer la gouvernance de la zone euro afin de rétablir la stabilité, la compétitivité et la croissance", lit-on dans un communiqué commun diffusé après l'annonce de S&P.

 

"La France et l'Allemagne, pleinement solidaires, confirment leur volonté de prendre toutes les décisions nécessaires, en lien avec leurs partenaires et les institutions européennes pour assurer la stabilité de la zone euro", poursuit le texte.

 

Les autres pays AAA de la zone euro sont l'Autriche, la Finlande, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg.

 

L'agence précise qu'elle compte achever son évaluation le plus vite possible à l'issue du sommet européen qui doit se tenir en fin de semaine.

 

Moody's, une autre des trois grandes agences, a annoncé mi-octobre qu'elle se donnait trois mois pour évaluer la perspective "stable" qu'elle donne au triple A français.

 

La troisième grande agence, Fitch, note elle aussi la France AAA avec perspective stable mais elle a prévenu comme ses concurrentes qu'une aggravation de la crise en zone euro mettrait la note de ses membres sous pression.

 

Le AAA contribue à permettre aux pays qui en bénéficient d'emprunter à des taux avantageux sur les marchés financiers pour financer leur déficit et refinancer leur dette.

 

Le gouvernement français s'est engagé à réduire son déficit à 3% du PIB fin 2013 contre 5,7% fin 2011 au prix d'une politique d'austérité. Deux plans d'économies et de hausses d'impôts ont été annoncés en deux mois, le dernier le 7 novembre.

 

La mise sous surveillance de la note de la France et la possible dégradation qui pourrait suivre devraient encore accentuer la pression sur les candidats à l'élection présidentielle du printemps prochain.

 

La majorité actuelle comme le candidat socialiste se sont engagés à ramener le déficit public à 3% du PIB fin 2013.

 

Le Premier ministre, François Fillon, s'exprimera mardi au journal de 20h00 de France 2, a annoncé Matignon.

 

édité par Patrick Vignal

© 2011 Reuters

Standard & Poor's a prévenu la France, l'Allemagne et les quatre autres pays de la zone euro notés "AAA" qu'ils pourraient être déclassés dans les prochains 90 jours en raison de l'aggravation de la crise de la dette, rapporte lundi le Financial Times.

 

D'après le site internet du quotidien, qui ne cite pas de sources, l'agence de notation devrait placer ce lundi ces six pays - qui comprennent également l'Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas - sous surveillance avec implication négative.

 

Un porte-parole de S&P a refusé de commenter l'article du Financial Times.

 

Le quotidien Les Echos rapporte pour sa part, dans son édition datée de mardi, que les six pays concernés ont été prévenus lundi de la décision de S&P.

 

Une mise sous surveillance avec implication négative signifie que S&P est en train de revoir les notes attribuées aux pays concernés et qu'elle pourrait décider de les baisser dans les trois mois à venir.

 

Selon le Financial Times, S&P a dit aux six pays concernés qu'elle terminerait sa revue des notes "le plus vite possible", après une semaine jugée cruciale pour l'Europe qui se terminera par un sommet européen jeudi et vendredi.

 

La mise sous surveillance de S&P, si elle était avérée, interviendrait le jour où Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont annoncé un accord franco-allemand "complet" sur le renforcement de la gouvernance de zone euro, passant par la rédaction d'un nouveau traité dès le mois de mars.

 

"Nous pensons que l'absence de progrès des dirigeants européens pour contrôler l'étendue de la crise financière pourrait être le reflet de faiblesses structurelles dans le processus de prise de décision au sein de la zone euro et de l'Union européenne", a dit S&P aux six pays concernés, selon le FT.

 

Le 23 novembre dernier, après Moody's et Standard and Poor's, la troisième grande agence de notation, Fitch, a estimé qu'une éventuelle aggravation de la crise dans la zone euro pourrait menacer la note "triple A" de la France.

Attendu comme l'acte fondateur d'une union budgétaire au sein de la zone euro, l'accord de lundi entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel offre peu de nouveautés et laisse - une fois encore - le sort de la monnaie unique entre les mains de la BCE.

Le conseil des gouverneurs de l'institut de Francfort se réunit ce jeudi pour décider d'une éventuelle baisse des taux, au moment où le risque de récession se précise, et de nouvelles mesures de liquidités à moyen et long terme pour les banques, alors que plane la menace d'un resserrement du crédit.

Plusieurs sources ont indiqué à Reuters ces derniers jours que la Banque centrale européenne pourrait par ailleurs être amenée à intensifier ses interventions sur le marché obligataire si les pays de la zone euro avançaient vers un nouveau "pacte budgétaire".

Les annonces franco-allemandes, très avares en nouveautés sur ce front, placent toutefois un point d'interrogation sur ce rôle plus actif de la banque en soutien aux pays en difficulté.

Tout d'abord, l'Allemagne et la France ont réitéré leur opposition à la création d'euro-obligations, considérées par de nombreux économistes comme une réponse structurelle nécessaire.

"Les eurobonds se sont en aucun cas une solution à la crise", a dit Nicolas Sarkozy, qui s'est déclaré en accord avec Angela Merkel sur ce point.

Ensuite, sur la question des sanctions automatiques, le président français et la chancelière allemande ont insisté sur leur volonté de les voir être généralisées dans le pacte de stabilité et de croissance. Or, cette disposition existe déjà depuis octobre et ils l'avaient initialement combattue.

PEU DE NOUVEAUX ÉLÉMENTS

Aux termes de l'accord trouvé après de longs mois de négociations et qui sera appliqué dès 2012, il avait alors été décidé que les pays dont le déficit est supérieur à 3% du PIB se verraient sanctionner de manière automatique, sauf à recueillir une majorité qualifiée des Etats membres pour s'y opposer.

Cette règle est exactement celle proposée lundi par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

Même chose pour la "règle d'or" budgétaire que les deux dirigeants ont dit vouloir voir adoptée dans toutes les constitutions des pays de la zone euro.

Cette obligation, réclamée dès février par le couple franco-allemand, était déjà mentionnée dans le Pacte de stabilité et de croissance puis reprise dans le pacte "Euro Plus" signé au printemps par les membres de la zone euro et six pays non membres de la monnaie unique.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel y ont depuis fait de nombreuses références, les dernières en date lors des sommets de la fin octobre à Bruxelles.

Certes, la mise en conformité de ces "règles d'or" avec le Pacte de stabilité sera in fine supervisée par la Cour de justice européenne mais ce n'est là que le rôle normal de la Cour, qui ne pourra pas avoir le dernier mot sur les budgets nationaux comme l'avait envisagé Berlin.

PANNE FATALE ?

Enfin, dernier élément qui s'apparente difficilement à une nouveauté, le langage sur la participation du secteur privé dans le cadre du futur mécanisme permanent de stabilité financière (MES) sera adouci mais le concept demeure, quoi qu'en disent la chancelière et le président sur le caractère exceptionnel du plan de réduction de la dette grecque.

Ils ont ainsi annoncé lundi que les principes et la pratique du MES, dont l'entrée en vigueur doit être anticipée à 2012, seraient ajustés sur ceux du Fonds monétaire international.

Or, non seulement le FMI prévoit bien la participation du secteur privé dans le cadre de la restructuration financière d'un pays, mais cet alignement du MES n'est pas nouveau.

En novembre 2010, Jean-Claude Trichet, alors président de la BCE, avait ainsi salué la clarification apportée par les dirigeants européens : "Il était nécessaire d'avoir une clarification complète de la doctrine. Il devait être clair que nous appliquerions à l'Europe la doctrine du FMI (...), c'est-à-dire sans participation ex-ante (du secteur privé)".

Résumant le manque d'ambition de l'accord franco-allemand, l'eurodéputé libéral Guy Verhofstadt a vivement critiqué lundi l'"unité de façade" entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui, a-t-il dit, "masque mal leurs divergences profondes et persistantes, lesquelles s'avèrent un obstacle important sur la voie d'une solution définitive à la crise de l'Eurozone".

"Le moteur franco-allemand d'intégration européenne a des ratés. Je redoute une panne fatale", a-t-il ajouté.

Edité par Yves Clarisse

© 2011 Reuters

     

09:31 Écrit par swingteam-cc | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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