17/10/2011

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ACTIONS

Les investisseurs européens, rassurés par les avancées effectuées vers une résolution de la crise de la dette de la zone euro, devraient permettre aux actions de gagner du terrain lundi, d'autant qu'ils reportent leur attention sur les derniers indicateurs économiques, qui laissent penser qu'un grave ralentissement de l'économie mondiale peut être évité.

Cantor Index prévoit que le FTSE gagnera 54 points à l'ouverture, à 5.520 points, tandis que le DAX s'adjugerait 51 points, à 6.018 points. Le CAC est attendu en hausse de 32 points, à 3.250 points.

"Les chiffres de la production industrielle aux Etats-Unis et l'indice manufacturier de l'Empire State fourniront des indications déterminantes sur la santé de l'économie américaine et demain, les données économiques sur la Chine, notamment le produit intérieur brut et la production industrielle, permettront de répondre aux inquiétudes actuelles sur l'orientation de la croissance de la Chine", affirme Cameron Peacock, analyste chez IG Markets.

"Bien que les investisseurs puissent s'enthousiasmer des gains que nous prévoyons à l'ouverture, nous recommandons la prudence avant la publication de ces statistiques importantes qui, si elles se révélaient décevantes, pourraient entraîner un repli du marché", ajoute l'analyste.

Les contrats à terme de Wall Street sont en hausse lundi. Les indices d'actions américains ont bondi vendredi pour clôturer à leur plus haut niveau depuis le début du mois d'août, soutenus par un rapport du département du Commerce faisant état d'une augmentation de 1,1% des ventes de détail aux Etats-Unis en septembre.

Les Bourses asiatiques gagnent également du terrain lundi, les investisseurs réagissant favorablement à la promesse européenne de prendre des mesures rapides et décisives pour régler sa crise de la dette.

 

OBLIGATIONS

Les Bunds et les gilts pourraient commencer la séance en baisse, les dirigeants de la zone euro ayant exprimé leur détermination à mettre sur pied un plan complet pour stabiliser la crise de la dette.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a déclaré dimanche qu'il serait "probablement nécessaire" d'augmenter la contribution du secteur privé à la réduction de la dette de la Grèce, au-delà de la décote de 21% sur laquelle les dirigeants de la zone euro s'étaient mis d'accord en juillet. Il a cependant exclu toute forme de défaut pour d'autres pays de la zone euro.

La zone euro travaille à un plan pour maximiser l'impact de son mécanisme de sauvetage, recapitaliser ses banques et stabiliser la crise de la dette grecque. Après le conseil européen du 23 octobre, l'Union européenne compte présenter son plan aux pays du G20 lors d'un sommet à Cannes début novembre.

Les détenteurs d'obligations grecques pourraient devoir subir une décote plus importante que celle convenue cet été, a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaeuble, selon un article publié dimanche sur le site Internet de l'agence de presse Reuters.

Les prix des obligations du Trésor américain se replient lundi. Le marché de la dette souveraine américaine a déjà perdu du terrain vendredi, l'espoir que la zone euro parvienne à juguler la crise et que l'économie américaine échappe à la récession ayant incité les investisseurs à se tourner vers les actions et les matières premières.

Ces derniers mois, les investisseurs inquiets avaient privilégié la sécurité des emprunts d'Etat américains, mais l'espoir que la zone euro parvienne à enrayer sa crise de la dette souveraine est revenu, ce qui a entraîné un mouvement de vente sur le marché des titres du Trésor américain, et fait grimper les rendements à leurs plus hauts niveaux depuis des semaines.

Cela vient contrecarrer les plans de la Réserve fédérale, qui espérait faire baisser les taux grâce à son programme baptisé "Operation Twist". Dans un contexte de fléchissement de l'économie américaine et d'aggravation de la crise de la zone euro, la Fed avait lancé ce programme dans le but de faire baisser le coût des emprunts à long terme pour les ménages et les entreprises. Le mouvement de vente sur le marché des titres du Trésor, déclenché par un regain d'optimisme, pousse cependant les taux vers le haut.

Les économistes de Capital Economics estiment toutefois que les taux à dix ans devraient redescendre à 1,5% dans les prochains mois, et se maintenir vers ce niveau ces prochaines années.

"La crise de la zone euro va continuer de s'aggraver et l'économie américaine va rester fragile", estime Julian Jessop, de Capital Economics. "Tout cela laisse attendre de nouvelles baisses des rendements des titres du Trésor, que la Fed en achète ou non."

 

CHANGES

L'euro perd un peu de terrain face au dollar lundi en Asie sur fonds de prises de bénéfices. Les investisseurs estiment que l'accumulation d'ordres de vente autour de 1,39 dollar pourrait limiter la progression de la paire à ce niveau pour l'instant, alors que les risques à long terme demeurent pour la devise européenne, affirme un courtier senior d'une grande banque japonaise.

Les opérations de couverture pourraient certes soutenir de nouveau la paire euro/dollar cette semaine, à l'approche du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro dimanche à Bruxelles, mais "les problèmes fondamentaux de la dette souveraine sont toujours là et pourraient encore faire de l'ombre à l'euro", précise cet opérateur.

De nombreux investisseurs mondiaux s'interrogent sur l'enthousiasme du marché pour les vagues promesses franco-allemandes de lutte contre la crise de la dette et de recapitalisation des banques européennes. En outre, malgré des indicateurs économiques meilleurs que prévu aux Etats-Unis, les statistiques parues dans d'autres régions du monde suggèrent un ralentissement de l'économie.

 

PETROLE

La détermination à résoudre la crise de la dette affichée ce week-end par les responsables européens et l'espoir que le plan américain de réduction des dépenses soit adopté ont soutenu les cours du pétrole pendant les échanges matinaux lundi en Asie, indiquent des analystes.

A 6h00, le contrat sur le Brent de mer du Nord pour livraison en décembre gagnait 18 cents, à 112,41 dollars le baril. Vers 7h20, le contrat de référence de New York sur le brut WTI pour livraison en novembre progressait de 33 cents, à 87,13 dollars le baril.

"Le pétrole évolue au gré des perspectives économiques et de la dynamique générale sur les marchés des matières premières", a expliqué Ker Chung Yang, analyste chez Phillip Futures à Singapour. "Il répond ainsi à des attentes plus optimistes pour la croissance économique américaine et l'espoir que nous soyons proches d'une solution à la crise dans la zone euro", a-t-il déclaré à l'AFP.

France : Dexia à l'Assemblée nationale pour un nouveau coup de pouce

 

Une vue extérieure du siège de Dexia à La Défense, près de Paris, le 4 octobre 2011 © AFP  Eric Piermont
Une vue extérieure du siège de Dexia à La Défense, près de Paris, le 4 octobre 2011
© AFP  Eric Piermont

Les députés examinent lundi le projet de loi validant les garanties apportées par l'Etat français à Dexia pour permettre à la banque franco-belge de réaliser son démantèlement dans des conditions favorables, trois ans après un premier plan de sauvetage.

L'Assemblée nationale, saisie en procédure accélérée, doit se prononcer sur une double garantie.

La première concerne le financement de Dexia, qui pourra emprunter sur les marchés avec la garantie des Etats français, belge et luxembourgeois. Elle porte sur un montant maximum de 33 milliards d'euros pour la France.

La seconde porte sur une partie du portefeuille de crédits aux collectivités locales de Dexia que va acquérir une structure contrôlée par la Caisse des dépôts (CDC, bras financier de l'Etat).

Il s'agit là de "protéger" la CDC, selon l'expression du Premier ministre François Fillon, contre les pertes éventuelles que pourraient occasionner ces 10 milliards d'euros de prêts dont une partie est qualifiée de toxique.

Une vue générale de l'hémicycle de l'Assemblée nationale © AFP/Archives  Damien Meyer
Une vue générale de l'hémicycle de l'Assemblée nationale
© AFP/Archives  Damien Meyer

Cette garantie n'entrera en jeu que si les pertes dépassent 500 millions d'euros et sera plafonnée à 6,65 milliards d'euros au total.

Le gouvernement estime que les risques de pertes sur cette garantie sont minimes et que le soutien à Dexia n'aura aucun impact sur le déficit ou sur la dette, préservant ainsi la sacro-sainte note "AAA" de la France, la meilleure possible.

Par ailleurs, ces deux garanties seront rémunérées par Dexia et par la CDC, ce qui peut faire espérer un gain net sur cette opération.

En septembre 2008, le Parlement français avait déjà voté des garanties, à hauteur de 55 milliards d'euros environ, pour permettre à Dexia d'emprunter sur les marchés et d'entamer son redressement.

Malgré la restructuration accélérée menée depuis, la banque ne sera pas parvenue à retrouver à temps des mensurations normales. Elle est tombée, première victime de la crise de la zone euro, qui a jeté la suspicion sur les banques européennes.

Le vote au Parlement ne sera pas la dernière étape du volet français du démantèlement, la CDC et Dexia devant encore s'entendre sur le prix de cession du portefeuille de prêts aux collectivités. De source proche du dossier, la CDC ne souhaiterait pas annoncer d'accord avant le vote du Parlement.

A terme, la Banque Postale (entreprise publique) et la CDC reprendront les activités de prêts aux collectivités de Dexia en France, avec l'objectif de raviver un secteur victime actuellement d'un assèchement du crédit.

La banque Dexia est née en 1996 de la fusion du Crédit Local de France avec le Crédit Communal de Belgique.

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10:14 Écrit par swingteam-cc | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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