16/03/2011

JAPON 15/03 16/03

Dossier Spécial Japon

Le 15/03/2011 à 16:20 - Mis à jour le 15/03/2011 à 17:30

Les vents poussent le nuage radioactif vers le Pacifique

Les vents poussent le nuage radioactif vers le Pacifique
LES VENTS DU JAPON ET LA MENACE RADIOACTIVE

par Alister Doyle

OSLO (Reuters) - Le nuage radioactif qui s'échappe de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, devrait se déplacer vers le Pacifique plutôt que vers l'Asie du fait de la direction actuelle des vents, ont déclaré mardi des experts.

Après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, le nuage radioactif s'était répandu dans l'hémisphère Nord en trois semaines environ.

Au Japon, les particules radioactives qui se sont échappées de la centrale de Fukushima-Daichi, à 240 km au nord de Tokyo, devraient prendre la direction de la capitale pendant 15 à 20 heures, a déclaré Gerhard Wotawa, du service autrichien de météorologie ZAMG qui conseille l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.

Ensuite, le nuage devrait se diriger vers le Pacifique, a-t-il dit, ajoutant qu'il devrait également, à un certain stade, se disperser dans le monde entier.

Etant donné les vents dominants, les premiers pays à détecter un nuage plus dilué pourraient être les Etats-Unis et le Canada.

La Russie a signalé mardi une légère hausse de la radioactivité dans ses régions extrême-orientales, mais la Chine n'a pas fait état de niveaux anormaux.

QUEL BILAN POUR TCHERNOBYL ?,

A Genève, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a renforcé ses systèmes de surveillance par satellite.

"A ce stade, toutes les conditions météorologiques sont au large, donc il n'y a pas d'implications pour le Japon ou les autres pays proches du Japon", a déclaré Maryam Golnaraghi, une responsable de l'OMM, lors d'une conférence de presse.

"Les vents dispersent des particules introduites dans l'atmosphère du site de l'accident vers l'océan, c'est-à-dire vers le nord-est et l'est de la centrale de Fukushima", a précisé l'OMM un peu plus tard dans un communiqué.

"Ces conditions varieront en fonction de l'évolution des systèmes climatiques dans la période à venir", a-t-elle dit.

A Tchernobyl, le nuage radioactif avait été propulsé très haut dans l'atmosphère, où les courants de haute altitude avaient accentué sa diffusion, soulignent les experts .

Le bilan définitif de l'accident le plus grave de l'histoire du nucléaire civil fait débat .

D'après une étude de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiée en 2006, la catastrophe provoquera au total 9.000 décès par cancer en Ukraine, en Biélorussie et en Russie. Greenpeace conteste ce chiffre, évoquant 93.000 décès possibles.

ZONE D'EXCLUSION

Au Japon, les particules semblent se répandre à une altitude plus faible, ce qui fait dire au professeur Malcolm Sperrin, du Royal Berkshire Hospital à Londres, que "ce n'est absolument pas un événement de type Tchernobyl".

Dans le scénario le plus grave d'une explosion qui endommagerait le caisson contenant le coeur du réacteur, les particules radioactives seraient projetées dans une zone de 20 km, a ajouté Malcolm Sperrin.

L'incendie dans un bassin de rétention de combustible usagé, survenu mardi dans le réacteur n°4, pourrait être selon lui de moindre gravité.

"Cela retombera sur terre à l'intérieur de la zone d'exclusion. Donc quiconque se déplacera et travaillera à l'intérieur de cette zone d'exclusion devra être très minutieusement contrôlé", a-t-il dit.

Avec Stephanie Nebehay à Genève, Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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SITUATION CRITIQUE AU RÉACTEUR N°4

"La possibilité de nouvelles fuites radioactives se renforce", a déclaré Naoto Kan, le visage sombre, dans une allocution au pays pendant laquelle il a appelé au calme.

Les deux nouvelles explosions signalées mardi, dans les réacteur n°2 et n°4 de Fukushima-Daiichi, s'ajoutent aux deux qui s'étaient produites depuis samedi dans les réacteurs n°1 et n°3 en raison d'une accumulation d'hydrogène.

Ces incidents en cascade sur le site ont été déclenchés par la panne des systèmes de refroidissement, qui fait craindre une fusion du combustible dans le coeur des réacteurs, protégé par une double épaisseur d'acier et de béton.

Selon l'AIEA, les enceintes de confinement des réacteurs n°1 et 3 semblent intactes, mais celle qui protège le coeur du réacteur n°2 a peut-être été touchée.

La situation la plus grave concerne le réacteur n°4, qui était en maintenance au moment du tsunami et n'avait pas posé de problème jusqu'à mardi.

L'explosion a provoqué un incendie dans un bassin de rétention de combustible usagé, qui a été éteint par la suite, dit l'exploitant de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco). Mais le combustible continue de chauffer et Tepco a fait savoir qu'il tenterait d'injecter de l'eau - peut-être au moyen d'hélicoptères - dans les deux ou trois jours.

Il n'a pas expliqué les raisons de ce délai mais précisé que le niveau de radiation était devenu trop élevé dans la salle de contrôle du réacteur pour permettre aux ingénieurs de travailler normalement. Tepco a évacué 750 employés du site de Fukushima, où il ne reste que 50 ingénieurs et techniciens.

Le niveau de radiation relevé près du réacteur n°4 atteint 400 millisieverts par heure. Une exposition à plus de 100 millisieverts par an peut engendrer des cancers, selon l'Association nucléaire mondiale.

SCÈNES DE PANIQUE

A Tokyo, les autorités ont déclaré que le niveau de radiation était dix fois plus élevé que la normale, ce qui ne constitue pas un risque pour la santé. Le vent a pris la direction de l'est et pousse les particules radioactives vers l'océan Pacifique, ont précisé les services météorologiques.

Les habitants de la capitale se sont rués dans les magasins pour acheter des vivres et des produits de première nécessité comme des bougies, des sacs de couchage.

A la Bourse de Tokyo, le Nikkei a dévissé pour la deuxième journée de suite, clôturant sur une perte de 10,55%.

Signe de l'inquiétude qui grandit aussi en Asie, la Chine a fait savoir qu'elle augmentait sa surveillance de la situation. La compagnie aérienne Air China a annulé ses vols vers Tokyo.

Plusieurs ambassades ont recommandé à leur personnel et à leurs ressortissants de quitter les zones touchées. Des grandes compagnies aériennes ont entrepris de réorienter, réduire ou supprimer leurs vols à destination du Japon.

Les touristes écourtent leurs vacances. Les multinationales demandent à leur personnel expatrié de quitter le pays ou de s'éloigner de Tokyo. A Paris, Radio France a annoncé rapatrier quasiment tous ses envoyés spéciaux au Japon.

Les navires de guerre américains venus prêter main forte aux opérations de secours ont été redéployés au large de la côte ouest au lieu de la côte est, en raison des risques liés aux radiations.

Pendant ce temps, les secours continuent de s'affairer dans les régions touchées par le séisme et le tsunami, dont le coût financier pourrait atteindre 180 milliards de dollars.

Environ 850.000 foyers dans le nord du pays restent privés d'électricité, alors que la région connaît une vague de froid qui fait chuter les températures sous le zéro la nuit. Au moins 1,5 million de foyers sont sans eau courante.

Des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues. Des villages et des villes ont été rayées de la carte par le mur d'eau qui s'est abattu sur les régions côtières.

Les autorités s'en tiennent pour l'heure à une estimation d'au moins 10.000 morts. Depuis le début de la catastrophe, 450.000 habitants ont été évacués du fait du séisme et du tsunami, et 80.000 autres à cause du risque nucléaire.

Avec Chris Meyers et Kim Kyung-hoon à Sendai, Taiga Uranaka et Ki Joon Kwon à Fukushima et les rédactions de Tokyo et Singapour, Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

© 2011 Reuters -

Le 16/03/2011 à 07:11

La Bourse de Tokyo rebondit, le Nikkei gagne 5,68%

La Bourse de Tokyo rebondit, le Nikkei gagne 5,68%
LA CLÔTURE DE LA BOURSE DE TOKYO

 

TOKYO (Reuters) - La Bourse de Tokyo a rebondi mercredi sur des achats à bon compte, finissant sur une hausse de 5,68% après avoir plongé de 16% sur les deux séances de lundi et mardi, une chute sans précédente depuis 1987.

L'indice Nikkei a gagné 488,57 points à 9.093,72 points et le Topix, plus large, a pris 50,90 points (6,64%) à 817,63 points.

Les achats de titres ont repris, même si certains investisseurs craignent une aggravation de la crise nucléaire après le séisme et le tsunami de vendredi.

"Le rebond est assez fort car les investisseurs ont réalisé qu'ils pourraient avoir un peu trop paniqué hier", a déclaré Fujio Ando, de Chibagin Asset Management

Antoni Slodowski, Myriam Rivet pour le service français, édité par Danielle Rouquié

© 2011 Reuters


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